Tissage et Matériaux

Le Tissage est une manière de travailler la fibre textile, il consiste en l’entrecroisement d’au moins deux fils. Tisser c’est former une  étoffe à partir d’une chaîne et d’une trame. Il se fait sur un métier à tisser qui permet de tendre la chaîne et d’y tisser la trame.

Le tissage existerait depuis la période Paléolithique, depuis finalement que l’homme a cessé de se vêtir de peaux de bêtes, il a dû alors trouver une méthode pour fabriquer du tissu et filer des fibres. Les premiers métiers à tisser, très rudimentaires allaient avec le temps s’améliorer, les techniques devenir plus ingénieuses, et les tissus de plus en plus fins, beaux, originaux.

Aujourd’hui le tissage est principalement exploité de manière industrielle avec pour principal but un rendement poussé au maximum, mais il existe encore dans certains pays, des gens travaillant de manière artisanale. Le tissage artisanal comporte une maladresse naturelle qui fait tout son charme (tout comme la broderie, la dentelle, la couture à la main,…) : les fils de trame ne sont pas toujours tassés de la même manière, la lisière n’est pas toujours absolument parfaite,…Contrairement aux tissus fait de manière industrielle, bien droit, parfait, sans défaut, mais aussi sans vie; les tissus artisanaux comportent l’empreinte du tisserand, ont une plus grande délicatesse,  « une âme ». On ne regarde pas de la même manière un tissu sorti de l’industrie et un tissu déroulé d’un métier à tisser…

Le Métier à Tisser : Le métier à tisser utilisé pour tous les tissages présentés ici est un métier basse lice, c’est à dire que la chaîne se présente horizontalement contrairement aux métiers haute lice où la chaîne se présente verticalement et qui sont utilisés pour la tapisserie. Le métier possède 24 cadres ce qui laisse une grande liberté pour les motifs.

Préparation de la Chaîne-Montage sur le Métier à Tisser :

L’ourdissage : Ourdir c’est partir d’un premier point jusqu’à un deuxième puis revenir au premier, la distance parcourue entre le premier et le deuxième point détermine la longueur de la chaîne (sachant qu’il y aura de la perte de longueur au début et à la fin du tissage), entre ces deux points on fait un encroix, celui-ci nous permet d’avoir les fils dans l’ordre (lors du premier passage d’un point à l’autre, le fil est pair, lors du deuxième passage dans l’autre sens le fil est impair, etc…) En même temps, on compte le nombre de fil, pour arriver à la largeur choisie : nous utilisons quasiment toujours pour la chaîne un fil d’une densité de 32 fils par cm, donc on compte à chaque fois 32 fils que l’on attache ensemble et ça jusqu’à la largeur choisie (par exemple pour une largeur de 20 cm il doit y avoir 20 petits paquets de 32 fils.) Avant de déplacer la chaîne sur le métier à tisser, on délimite bien les extrémités et l’encroix.

ourdissage

Le montage : On place l’extrémité la plus proche des paquets de fils et de l’encroix, sur le verdillon de l’ensouple arrière. On place les paquets de fils dans le vautoir (le vautoir est une sorte de peigne avec des dents espacées d’un centimètre et cela sur 70 cm), ce qui permet de placer la chaîne sur la bonne largeur. Ensuite on place les lattes d’encroix et on peut procéder à l’enroulement de la chaîne.Une fois l’enroulement terminé, on coupe les boucles de l’autre extrémité.

Le Rentrage : Il s’agit de la manière de rentrer les fils de chaîne dans les lisses des différents cadres (ou lames.) C’est certainement la partie les plus fastidieuse dans la création d’un tissu, surtout si le tissu est large et les fils fins.

Il y a plusieurs sortes de rentrages :

– Le rentrage suivi : On suit l’ordre des cadres, le premier fil de chaîne est rentré dans une lisse du premier cadre, le deuxième fil dans une lisse du deuxième cadre et ainsi de suite jusqu’au 24ème cadre dans notre cas. Arrivé au dernier cadre on recommence dans le même ordre.

– Le rentrage à retour ou à pointe : Il s’agit d’un aller-retour, on part du premier cadre, jusqu’au dernier et on repart en arrière.

– Le rentrage irrégulier : Les fils travaillent de manière irrégulière.

– Le rentrage amalgamé : On l’utilise en général lorsqu’on utilise plusieurs ensouples, donc plusieurs chaînes. Chaque chaîne travaille alors sur un groupe de cadres qui lui est propre.

Chez Aux Fils De L’Or, nous utilisons presque toujours le rentrage à pointe car ce sont les motifs qui nous intéressent. On utilise le rentrage suivi pour une simple toile. Et on utilise le rentrage amalgamé pour un tissu poche.

L’Empeignage : On place les fils de chaîne dans le peigne, on choisit le peigne en fonction de la densité du fil. Dans notre cas, nous avons 32 fils/cm, on peut alors utiliser un peigne de 8 (8 dents par cm) car 32/8 = 4, nous mettrons donc 4 fils par dents.

Attachage : On noue les fils de chaîne sur le verdillon relié à l’ensouple avant, afin que la chaîne soit bien tendue.

Le Tissage : On tisse en suivant la croisure, qui peut se faire sur papier ou à l’aide de certains programmes sur ordinateur. La croisure représente l’entrelacement des fils de chaîne avec ceux de la trame. Les fils de chaîne sont représentés par les lignes verticales et les fils de trame par les lignes horizontales. On représente un carré noir ou alors un carré blanc, selon si le fil de chaîne est au-dessus du fil de trame ou le fil de trame au-dessus du fil de chaîne. Aux Fils De L’Or crée ses motifs exclusivement sur papier (excepté un motif), cela étant bien plus agréable.

Voici l’exemple d’un motif que nous utilisons. Le dessin à gauche ne représente que la moitié du motif que l’on verra sur le tissage; comme c’est un rentrage à pointe, l’autre moitié sera symétrique. Le motif dessiné en noir aura la couleur du fil de trame. A droite c’est le pédalage, ce sont les cadres que l’on doit lever avant de passer le fil de trame.

 

Le temps de travail: On ne peut pas calculer avec exactitude le temps passé sur un tissage, c’est toujours différent. Bien entendu, plus la chaine est longue et large, plus on y passe de temps. Si les motifs sont complexes, on passe bien plus de temps que pour une simple toile ou un simple sergé. Les motifs que nous utilisons sont complexes, donc le tissage est très long, car il faut être pleinement concentré et ne pas rater un seul cadre, un motif peut prendre de 15 minutes à 45 minutes selon le nombre de duites pour ce motif.

Malgré que l’on reste assis sur la chaise (à part pour l’ourdissage et le montage), le tissage est épuisant : pour les yeux, pour le dos et pour la nuque et même pour le ventre parfois lors du rentrage. Il faut régulièrement faire des pauses, car la concentration n’est pas toujours au rendez-vous!

Matériaux utilisés par Aux Fils De L’Or :

Le Cuivre Emaillé : Très malléable, c’est un des matériaux que l’on utilise le plus souvent. Avec un côté « bijou », sa couleur est plus originale que de l’or, il possède son côté précieux tout en étant meilleur marché. Le fil utilisé est en général relativement fin : 28 fils par centimètre.

La Soie : Matière naturelle, agréable à travailler. Douceur et brillance incomparables qui ont le mérite d’être naturelles. Fil très solide qui peut être extrêmement fin.

Le Coton : Matière naturelle, le fil est beau et solide, moins brillant que la soie. Le fil est assez rêche et peu parfois accrocher, il s’emmêle plus facilement, ce qui rend l’enroulage plus difficile. Malgré cela, il est agréable à travailler.

Polyester, rayonne, viscose : Bien que non naturelle, ces matières offrent une excellente résistance et une magnifique brillance. Elles sont également très agréables à tisser car les fils ne s’emmêlent pas, l’enroulage se fait très rapidement et sans encombre.

Le Lin et Chanvre : Matières naturelles, nous les utilisons très peu, car elles n’offrent pas de brillance. Les fils sont plus ou moins rêches selon la fabrication et ils peuvent accrocher comme le coton. Odeur agréable et très beau rendu.

La Laine : Matière naturelle que nous utilisons peu également. Le fil peut être plus ou moins pelucheux et plus ou moins fin. Il n’est pas toujours bien solide pour la chaîne. Matière peu chère.

 

Prix : Le prix du matériel est minime par rapport au temps de travail, même si pour le cuivre et la soie, un tissage revient plus cher.

 

Entretien : Les ennemis des textiles sont toujours les mêmes : La lumière avec le temps vieillit les fibres et ternit les couleurs, la chaleur et l’humidité sont mauvais également, et les insectes (mites, coléoptères,…) aiment grignoter toutes sortes de textiles. Le tissage artisanal étant plutôt délicat, il est conseillé de laver à la main au savon de Marseille par exemple et à l’eau tiède.

Pour l’entretien du cuivre, il existe des petites recettes très simple pour une brillance toujours éclatante : frotter le cuivre avec de la bière plate, ou du gros sel et du citron, ou encore du vinaigre. Bien entendu ces recettes doivent être utilisées si il n’y a pas un autre fil en chaîne comme du coton ou de la soie…